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Philippe Salle.

(Pour lire l’article complet cliquez sur le titre). Le 30 novembre prochain, le PDG d’ELIOR quittera les manettes pour s’installer aux commandes du groupe Foncia, premier loueur de France et leader européen des services immobiliers résidentiels.

Un changement d’échelle pour Philippe Salle (né le 17 mai 1955) qui troque une multinationale de près de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 120.000 salariés pour une grosse PME de 750 millions d’euros dotée de 8.500 collaborateurs, présents en France, Suisse, Allemagne et Belgique. Mais ce n’est pas pour lui déplaire : les sociétés cotées, avec des résultats trimestriels à présenter aux actionnaires, il en a un peu soupé pour le moment.

Ceinture noire de karaté. PDG pour la première fois à trente-quatre ans, ce Lyonnais enchaîne depuis dix-huit ans les postes au sommet chez Altran, Vedior, Geoservices, Elior, pressé de tracer sa route et d’atteindre ses objectifs. Il déteste s’arrêter au milieu du gué et aime partir à la fin d’un cycle. Il n’aura pourtant pas eu le temps de mener à terme le plan 2015-2020 qu’il avait défini à son arrivée chez Elior, Philippe Salle doute peu, et a des convictions. D’ailleurs, ce père de trois enfants, ceinture noire de karaté, a longtemps gardé pour livre de chevet « L’art de la guerre » de Sun Tzu.

La révolution culturelle, il l’a bel et bien engagée chez Elior : s’intéresser au client final dont les modes de restauration comme de travail ont beaucoup évolués, et faire preuve de flexibilité pour satisfaire la multiplicité des demandes. Philippe Salle a instillé ce changement de cap auprès de l’ensemble des responsables de sites du groupe. L’ingénieur, diplômé de l’Ecole des Mines avant de décrocher un MBA aux Etats-Unis, a également largement entamé la mutation digitale. Il ne s’en cache pas, Elior avait pris du retard dans le domaine informatique lorsqu’il en a pris le commandement. « Ainsi on ne connaît toujours pas notre chiffre d’affaires au jour le jour car nos caisses ne sont pas connectées à nos systèmes de gestion », déplore-t-il. Mais tout cela est en train de changer, tant les mots « numérique », « robotique », «intelligence artificielle », font partie du vocabulaire quotidien de Philippe Salle. Autant dire que le quinquagénaire bouillonnant au verbe vif a secoué « la belle endormie » comme il avait surnommé Elior à son arrivée. Il a aussi repositionné Elior géographiquement, en mettant l’accent sur les Etats-Unis, et en l’ouvrant à l’Inde, pour trouver des relais de croissance à une Europe « à l’arrêt ».

Avec ce tempérament de feu, on comprend aisément que Philippe Salle n’est pas homme à partager le pouvoir. Alors quand le fondateur d’Elior, Robert Zolade a exigé d’avoir un droit de regard plus grand en scindant les fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général, ce n’était pas compatible avec le type de gouvernance recherché par le PDG, même en l’absence de désaccord sur la stratégie même. SOURCE : Martine ROBERT / Les ECHOS.

François Davy

François Davy est le président du groupe Foncia depuis janvier 2012 et le restera jusqu’au 30 novembre 2017. Il a auparavant exercé des missions de direction chez Adecco, la Poste, Schweppes ou encore Motorola.
François Davy, Chevalier de la Légion d’Honneur, cinquante neuf ans, est diplômé de l’Ecole Nationale d’Ingénieurs des techniques des industries agricoles et alimentaires, et titulaire d’un MBA Executive, General Management Program, réalisé au CEDEP.

Depuis janvier 2012 il est Président du Groupe Foncia, leader européen des services immobiliers résidentiels et de l’administration de biens avec 500 agences dans l’Hexagone, en France, Suisse, Allemagne et Belgique.

L’avis de Gérard VALLET Président du Conseil Syndical.

Je suis surpris par le départ (dont on ne sait rien) de François DAVY qui avait eu à gérer le changement de propriété du groupe Foncia. Il est vrai qu’il a racheté quelques entreprises, spécialisées dans les domaines d’avenir dont Foncia avait besoin. Inversement, le marketing a été privé de moyens de communication et le look des nombreuses agences fait un peu honte. Mais j’aimais bien l’homme, je le regrette déjà un peu.

Comme j’ai connu aussi ce que représente une arrivée dans une entreprise ou un département, je suis pour le moins surpris du peu de temps que ces hommes passent dans leurs entreprises réciproques. Pour Philippe SALLE, deux années à la tête d’un groupe de 120 000 salariés ne permettent pas de tout faire. Rien que pour comprendre l’entreprise, ses rouages, ses marchés, et très éventuellement ses employés, il faut compter un an. Ensuite, la transformation se fait sur la base de propositions, soit présentées par des conseils extérieurs, soit par le staff existant. L’homme neuf peut repérer des dysfonctionnements, s’étonner de ne pas pouvoir disposer d’un certain nombre d’éléments mais certainement pas de fixer dans le détail une feuille de route sur le moyen terme.

Ainsi, je suis également surpris par cette attitude à ne pas partager le pouvoir. Nous sommes pourtant au beau milieu d’une époque où l’information circule si vite qu’il est impossible à un seul homme non seulement de la détenir (élément clé du patron des années passées) mais de l’analyser, de la mettre en perspective puis de s’en servir.

J’espère que ce nouveau patron agira pour le bien de Foncia, pour celui de ses salariés sur lesquels nous comptons au quotidien et qu’il trouvera la bonne stratégie pour faire de Foncia un acteur majeur (qu’il est déjà) sans oublier le client final que nous sommes. Sur ce point comptez sur moi pour le lui rappeler au cas où …