Sélectionner une page

Depuis des mois notre résidence est d’un accès difficile et dangereux à cause du chantier provoqué par le changement d’opérateur des Vélib parisiens.

Et ce n’est pas fini. Au 19 janvier 2018, seules 113 stations étaient ouvertes, loin des 600 promises au 1er janvier. Le nouvel opérateur Smovengo, qui a succédé à JCDecaux a d’ores et déjà reçu une pénalité d’un million d’euros et s’est engagé à rembourser le mois de janvier aux abonnés. Et février ? Car des abonnés, il y en a : 300.000 abonnés au vélo municipal. Mais à la fin des travaux, il y aura encore moins de stations (donc de vélos) tandis que les tarifs, eux, auront grimpé. Le taux de désabonnement atteint 32% par an. Pendant ce temps, les vélos « jetables » balancés sur la voie publique arrivent avec des couleurs fluo. Le vélo sans borne est tendance. Malheureusement pour les propriétaires, le vandalisme, très élevé sur Paris, commence à freiner les ardeurs. Sur 2012-2014, par exemple, le nombre de vélos volés ou détruits a représenté chaque année entre 47 % et 55 % de la totalité du parc disponible, soit plus de 26.000 machines disparues en trois ans !Cette concurrence acharnée dans un business aux marges faibles et qui nécessite de lourds investissements a déjà fait sa première victime : la start-up Gobee.bike a annoncé le 23 février son départ de Paris… et de l’Hexagone. En Europe, ces nouvelles entreprises mettent toutes deux en avant la qualité de leurs technologies et de leur vélos, tentant de se démarquer de leur modèle chinois, où la croissance fulgurante et incontrôlée du nombre de vélos sans grande considération pour leur durabilité a entraîné l’apparition de cimetières à vélos ou s’entassent les modèles inutilisables.

Les utilisateurs occasionnels seront mis à contribution.

Augmentation à prévoir du côté des Vélib. Les élus du Conseil de Paris et des communes partenaires, regroupés au sein du syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole, viennent de voter en faveur d’une hausse des tarifs Vélib. L’abonnement à 29 € par an passera à 37,20 €. Cet abonnement permet à l’utilisateur de faire un nombre illimité de trajets, tant que chaque trajet ne dépasse pas les 30 minutes. Pour les personnes qui ne souhaitent pas s’abonner et qui utilisent le Vélib qu’occasionnellement, les prix augmenteront de manière significative : elles devront désormais débourser 5 € (contre 1,7 € aujourd’hui), pour une journée de vélo. Il sera également possible de prendre un abonnement annuel « gratuit », donnant droit à un vélo pour 1 euro la demi-heure. Pour utiliser le vélo électrique, il faudra débourser 99,60 euros par an (tarifs à confirmer ultérieurement).

Face à la catastrophe du déploiement, la Ville de Paris part à la rescousse de Smovengo et “reprend les choses en main” pour piloter l’installation des vélos du service Vélib dans la capitale, dont le déploiement est toujours très en retard, a annoncé jeudi la Ville. “Nous reprenons les choses en main avec un pilotage beaucoup plus étroitement assuré par la Ville, sur le territoire parisien, avec des équipes qui vont piloter l’installation des stations“, a indiqué à l’AFP Christophe Najdovski, adjoint EELV aux Transports de la maire PS de Paris Anne Hidalgo.

Dans le quotidien l’Opinion, en détaillant cette reprise en mains, l’adjoint a précisé qu’il était “urgent de redresser la barre. Ce que nous voulons, c’est la réussite de Vélib'”. Le nouveau Vélib’ du consortium Smovengo qui prend la suite du groupe JCDecaux connait en effet de larges ratés, avec un nombre de stations opérationnelles – un peu plus de 300 fin février — très éloigné de l’objectif initial de 600 stations au 1er janvier et de 1.400 fin mars, soit 20.000 Velib’ dont 30% électriques.

Questions : Quelles assurances avons-nous sur le bon fonctionnement ultérieur et qui dans l’immédiat va payer tout ça ? Aucune réponse pour le moment.

Gérard VALLET

Sources : Le Parisien, le journal du net.